Profils de réseaux sociaux personnels
L'analyse des réseaux sociaux est née dans les années 1950 de la
rencontre entre anthropologie, théorie des graphes et statistiques.
Après de nombreux développements, le domaine s'est retrouvé quelque
peu bousculé par l'apparition du web et des très grandes bases de
données qui y ont fleuri.
Aujourd'hui les services comme Facebook, Linkedin ou Amazon
sont truffés d'algorithmes qui tirent parti de la modélisation des
réseaux sociaux sous forme de graphes, mais les outils qu'ils
produisent sont loins de refléter la richesse des analyses que
mènent depuis un demi-siècle les sociologues avec des techniques qui
passent difficilement à l'échelle.
Comparer la structure de deux réseaux personnels est un des exemples les plus
évidents de ce grand écart.
Facebook
Les trois figures ci-dessus montrent les
réseaux de trois utilisateurs de Facebook.
On peut à l'oeil nu identifier sur ces figures des groupes bien
distincts (tantôt collègues, amis, famille, copains de fac, membres du club
sportif, etc.) Il existe même de nombreux algorithmes pour les
détecter.
Une question qui reste ouverte concerne les différentes
configurations d'articulation de ces groupes. Parmi les millions
d'utilisateurs de Facebook, il est vraisemblable que certaines
configurations sont plus fréquentes que d'autres, et que les
manières d'organiser sa sociabilité puissent se décrire au moyen de
telles configurations.
Les réseaux de chercheurs
La bibliométrie envahit de plus en plus la recherche académique.
Classement de Shangai, h-index, impact factor, sont les armes
d'évaluation de la performance des chercheurs. Les chercheurs et
leurs recherches sont depuis longtemps des objets de recherche à
part entière. La situation se gâte cependant quand les indicateurs
viennent suggérer qu'il existe un ordre total sur les chercheurs.
Et s'il y avait des manières différentes de faire de la
recherche ?...
Le site DBLP
fournit un outil de visualisation très amusant de la
carrière d'un chercheur.
Les captures d'écran ci-dessous montrent les profils de quatre
chercheurs (la derbière est cliquable, pour accéder à
l'original, sur le site de DBLP-Vis, et jouer un peu avec l'outil).
Une simple observation descriptive de ces quatre images (laissant
de côté ce qu'elles signifient et comment elles sont produites) fait
apparaître une ressemblance entre les deux du haut d'une part et
les deux du bas d'autre part. Ceci suggère des manières
différentes, pour un chercheur, d'organiser ses
collaborations. Ces différentes manière de faire de la recherche
sont-elles comparables en termes de qualité, d'excellence ou
d'efficacité ?
La question est ouverte et sort du cadre de ce stage. En revanche, il semble
tout à fait faisable d'identifier de telles
configurations à partir du graphe des co-publications (les
visualisations n'étant là que pour guider l'intuition).
Objectifs du stage
Le but du stage consiste à explorer un jeu de données d'un réseau
social (comme ceux présentés en exemple) pour chercher à identifier
des configurations qu'il serait envisageable de pouvoir détecter de
manière automatique.
Le travail sur les données se fera en parallèle d'une lecture de
quelques articles sur des méthodes d'identification de motifs dans
les réseaux sociaux.
Selon le niveau requis pour le stage (M1 ou M2), les intérêts du stagiaire et l'état
d'avancement du travail, les configurations
identifiées pourront donner lieu à
la mise au point d'algorithmes de
détection et à leur implémentation.
Christophe
Prieur,
Last modified: Fri Jan 27 16:02:27 CET 2012